10 hectares pour la biodiversité

17 Mar 2025 | Apiculture, Ferme

Toute histoire a un début… la nôtre commença par l’achat d’une petite maisonnette du centre Bretagne, appartenant à des Anglais, à la lisière d’une forêt, avec un petit jardinet fleuri. En quelques années seulement, nous sommes passés de 600m² à 1 hectare.

Les habitants Anglais sont repartis pour d’autres projets et nous ont permis le rachat des autres bâtiments. Nous avons pu installer notre miellerie, nos ruches et voir nos abeilles explorer les saules, ronces et châtaigniers sauvages. Dans l’année qui suivit, nous avons pu étendre le lieu avec une belle prairie humide et une portion de bois (ancienne pâture entourée de chemins creux, redevenue depuis sauvage).

Et à partir de cette année 2025, l’ensemble de notre ferme s’étendra sur 10 hectares. Depuis le hameau de Kerio, nous pouvons longer plusieurs parcelles de forêt humide, avec quelques parties sèches. Elles sont entrecoupées de talus typiques empierrés, recouverts de mousses, fougères et arbres centenaires. Une artère principale, un magnifique chemin creux empierré, nous permet de circuler au cœur de cette forêt jusqu’à un ancien chemin qui mène au manoir de Barach. Une fontaine et plus loin un lavoir (enseveli sous l’humus) prouvent l’usage important de ce chemin. Enfin, deux prairies bordent l’autre côté du chemin creux central, une prairie sèche avec relief, et une prairie basse le long du Kerustang, un affluent du Scorff.  Ce havre de biodiversité nous a, en 10 ans, émerveillé par ses rencontres naturalistes. Sans faire l’inventaire exhaustif de la faune et la flore, nous entendons une myriade de passereaux dont la magnifique mésange bleue. Quand le printemps arrive, ce sont les pics verts et pic épeiche qui se donnent à cœur de tapoter les arbres à la recherche d’insectes. 

À la tombée de la nuit, le ballet virevoltant des chauves-souris nous ravi. Le soir venu, la chouette hulotte, hébergée dans le vieux chêne au-dessus de la fontaine, hulule à souhait. Et quand nous partons en exploration dans la zone un peu plus sauvage, il n’est pas rare de voir quelques paires d’yeux s’éclairer à la lampe frontale. Une grande famille de blaireaux a élu domicile dans l’ancienne carrière. Nous avons également eu la chance de repérer des traces de loutre le long de la rivière, quelques restes d’écailles, et des belles traces évidentes sur la berge. Et c’est par un autre spectacle majestueux que je terminerai cet inventaire.  Car la plus émouvante rencontre que nous faisons, c’est avec les salamandres. Elles sont à peu près partout chez nous, même quelques fois dans notre maison…. Mais surtout à l’automne, par une soirée de bruine, c’est le festival des rencontres. Nous en avons déjà compté plus d’une centaine en une seule sortie, et cela, juste sur notre route principale !

Alors voilà toutes les raisons valables pour lesquelles nous voulons continuer à protéger ce lieu de richesses.

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